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Le cadeau de ses huit ans change sa vie et son regard sur le monde. Ce premier appareil photo offert pour un voyage en classe de mer a fait de Laurence Pigeyre une photographe. Et aujourd’hui une entrepreneure. Il l’a conduite au bout du monde, puis ancrée à Lille.

Burning Man

Et un cadeau d’enfant bouleverse la donne

Sa vie d’avant (parce que photographe n’est pas un métier, entendit-elle petite) ? Celle d’une jeune femme brillante qui entre deux avions sillonne la planète pour l’industrie automobile, le monde de l’énergie ou des matières premières. À cette époque, elle court le monde, un appareil photo à la main, et s’essaie en autodidacte, et avec talent, à la street photographie. « J’ai toujours aimé errer pendant des heures dans des villes inconnues. Mon but ? Rencontrer la bonne personne au bon moment. C’est le prolongement d’un instant palpable et fugitif, qui capte des tas de choses de la vie des gens. » Quand elle lève le voile sur son travail, elle est reconnue par la profession. Elle a exposé à Art Up !, la foire lilloise d’art contemporain, sa série Équité. Elle sera, en octobre, au rendez-vous du Salon d’Automne à Paris (elle en est sociétaire) et, en novembre, au salon fotofever au Carrousel du Louvre.

 

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L’entrepreneuriat comme une évidence

Un nouveau job, une belle rencontre et un bébé plus tard, Laurence quitte Paris pour la métropole lilloise. Et concours de circonstance, elle apprend, quelques mois plus tard, qu’une société de contrecollage nordiste est en redressement judiciaire. Devenir entrepreneure est à ce moment-là une évidence. De longue date, elle était prête « pour créer autour de l’art et de la photo. » Trop tard pour une reprise, elle se lance dans une re-création. En mars 2018, avec l’encadreur et le colleur, elle cherche un lieu, trouve des actionnaires. UH5 – Tirage Fine art, contrecollage et encadrement – naît le 4 mai à Roubaix. « La ville m’a touchée. On sent cette grandeur passée, prête à renaître par l’art et son musée, l’un des plus beaux du monde et j’en ai beaucoup visités. » Ses premiers clients ? « Des galeries, des musées… Nous collons déjà au business plan et en sommes ravis. L’équipe sera d’ailleurs bientôt complétée par un stagiaire et un apprenti. » Instantané de ces derniers mois ? « J’étais prête. Être entrepreneure me donne des ailes. C’est une liberté incroyable. »

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« Une marraine rêvée »

J’ai croisé Little Big Women par l’intermédiaire d’Initiative Lille Métropole Nord qui m’accompagnait dans ma création d’entreprise. Premier réflexe : « Je n’ai pas le temps. J’ai pourtant dit « oui » dès ma rencontre avec Fatiha [Legzouli, co-directrice de l’association]. J’avais envie de côtoyer des femmes dirigeantes et d’échanger sur leurs vies professionnelles et personnelles, de construire un réseau voire même de me faire des amies. » Lors de ma première rencontre avec ma marraine, Edith Lemahieu, à la tête d’une usine textile, nous avons échangé sur nos parcours pros et persos. Elle m’a encouragée et donné des conseils très pertinents. C’est la marraine rêvée. Ce que je peux lui apporter ? : Mon expérience internationale, ma façon de voir la vie, un échange autour de l’art… »

Au quotidien

« Dans notre métier, nous sublimons les œuvres d’art et mettons du beau et de la joie chez les gens », s’enthousiasme Laurence. « Le Little de notre aventure ? Nous sommes trois. Le Big ? Avec de grandes ailes. »

Laurence Pigeyre : www.uh5.fr

Sa marraine : Edith Lemahieu, www.lemahieu.com